Entre le monde des morts et celui des vivants

À l’époque romaine, les lieux dévolus aux morts sont distincts de l’espace urbain. C’est ainsi que les sépultures, isolées ou regroupées en nécropoles, s’installent à proximité de la ville et au plus près des voies, axes routiers majeurs ou chemins privés. Les emplacements choisis sont des espaces ouverts, au contact des vivants, car la mémoire des défunts ne perdure qu’au travers du regard de ceux qui restent.

À Lattara, l’implantation des sépultures répond à des préoccupations similaires et attestées depuis l’âge du Fer. Si les découvertes récentes complètent notre vision de ce monde des morts, elles nous renseignent surtout sur la complexité des pratiques funéraires alors en vigueur : repas, offrandes en l’honneur du défunt, gestes rituels et dépôts symboliques sont autant de composantes des funérailles qui perdurent jusqu’au début du Ve siècle où l’expansion du christianisme modifie les usages.