Dans le quotidien des habitants de Lattara

(IIe siècle avant J.-C. - IIIe siècle)

Au Ile siècle avant J.-C. transparait encore, dans le mode de vie des habitants de Lattara, une dualité perceptible depuis plusieurs siècles, entre ouverture et résistance aux apports extérieurs. Alors que les quantités de vaisselle importées n’ont jamais été aussi importantes, les gestes associés témoignent, dans le même temps, de la permanence d’habitudes gauloises.

Cette période, où la cité doit sa prospérité aux liens qui l’unissent à Massalia (Marseille), est également celle des débuts de la romanisation en Gaule méridionale. Dès 125 avant J.-C., la région fait partie d’une vaste province romaine, la Transalpine (future Narbonnaise), dont la capitale Narbo Martius (Narbonne) est fondée en 118 avant J.-C.

Ce n’est toutefois qu’avec la défaite de Massalia contre César en 49 avant J.-C. que l’hégémonie de la cité phocéenne sur Lattara prend fin. La ville portuaire s’intègre désormais dans une dynamique territoriale où la cité de Nemausus (Nîmes), colonie de droit latin, joue un rôle central.

Ces débuts de l’Empire marquent une véritable rupture chez les Lattarenses : civilisation matérielle, langue, écriture, religion et société s’alignent désormais sur les codes de la romanité.