Le comptoir portuaire de Lattara, une ville entre terre et mer

(Ve - IIIe siècles avant J.-C.)

Après le départ brutal des Étrusques aux alentours de 475 avant J.-C., une nouvelle période s’ouvre pour la ville de Lattara : celle d’une agglomération indigène avec la participation active d’une population étrangère, les Grecs de Massalia (Marseille). Dans le même temps les habitants de la Cougourlude désertent leur village, vraisemblablement au profit de la cité portuaire voisine. Lattara, ville entre terre et mer, devient alors un élément structurant du territoire gaulois pour l’entrée et la sortie des produits échangés dans le bassin méditerranéen.

Du Ve au III siècle avant J.-C., les liens entretenus avec les Grecs de Marseille s’avèrent fondamentaux, notamment du point de vue commercial. La cité phocéenne redistribue en effet, outre ses propres productions, un certain nombre de marchandises en provenance du monde gréco-italique. Si les importations sont diversifiées (amphores de transport, vaisselle de luxe, batterie de cuisine...), on observe cependant l’omniprésence d’un produit particulier, le vin, dont la consommation, répandue parmi les communautés indigènes de la Gaule méridionale, trouve une faveur particulière à Lattara.

Dans cette ville portuaire, lieu d’échanges et de rencontre entre individus d’origines diverses, les phénomènes d’acculturation s’exercent de manière privilégiée : usage de l’écriture et de la monnaie, modes de consommation, formes architecturales... La portée réelle de tels processus doit toutefois être nuancée, en raison du caractère fondamentalement indigène que revêt le site jusqu’à la conquête romaine.