Les débuts de Lattara : Indigènes, Étrusques et Grecs

(fin du VIe siècle - première moitié du Ve siècle avant J.-C.)

Aux alentours de 500 avant J.-C., un rempart monumental est édifié sur ce qui se présente alors comme une presqu’île, bordée à l’est et à l’ouest par deux bras du Lez, et formant une avancée dans la lagune. Cette fortification marque le début d’un programme urbanistique d’ampleur à Lattara où les techniques de construction employées, ainsi que la vaisselle mise au jour, attestent de l’installation d’une communauté marchande venue d’Étrurie.

Cette présence étrusque à Lattara s’inscrit dans un contexte régional où, depuis la fin du VIle siècle avant J.-C., des contacts et des échanges ont lieu entre les Indigènes et les navigateurs méditerranéens. En l’état actuel des recherches, seules quelques fenêtres situées aux marges de la presqu’île nous renseignent sur les origines de la cité. Les données disponibles ne permettent toutefois pas de trancher quant à la présence exclusive, ou non, de la communauté étrusque dans cette première phase de Lattara. La ville était-elle, à ses débuts, un comptoir fondé et occupé par les Étrusques à leur seul profit ? ou bien un emporion indigène accueillant plusieurs communautés étrangères, parmi lesquelles des Étrusques et, probablement, des Massaliètes ? Quoiqu’il en soit la fondation de Lattara, et sa réalisation, n’auraient pu se faire sans l’accord, voire le concours actif, de la population locale.

Vers 475 avant J.-C. un épisode de destruction, avec des traces d’incendie, survient à Lattara. Il conduit à l’éviction de la composante étrusque et à une réorganisation de l’espace urbain. Un changement significatif s’opère : Lattara apparait désormais comme une ville fondamentalement indigène, tout en étant profondément soumise à l’influence grecque.